So What ? Travail Décent (ODD8) et Action pour le Climat (ODD13)

Les effets de la crise climatique mondiale sont largement évalués à travers les trois dimensions du développement durable, ce qui donne un indice clair et une vue des impacts actuels et futurs du changement climatique sur l’économie, l’environnement et la société.

 Mais, qu’en est-il de l’effet du réchauffement de la planète sur la force de travail mondiale et par conséquent, la réalisation des objectifs de développement durable ?

 
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Pour répondre à ces préoccupations, le SDG Lab a créé le : « So What ? » qui explore en profondeur la nature interconnectée des mondes du travail et du changement climatique.

La 6ème édition du « So What ?" du SDG Lab a croisé l’ODD 8 (Travail décent) et l’ODD 13(Action pour le Climat) en se concentrant sur ce que font les pays aussi bien à travers leurs politiques et leurs pratiques, pour inciter à des actions communes pour ces deux ODD.

 Tenu au Palais des Nations le 3 Septembre 2019, le « So What ? » a réuni un panel très large et diversifié d’acteurs qui ont échangé leurs perceptions et analyses en fonction de leurs différentes institutions et de leur domaine d’expertise.

En valorisant la diversité culturelle de la Genève Internationale et le mode opératoire du Lab, le panel rassemblait des représentants provenant d’un Etat Membre des Nations Unies (Costa Rica), d’une Organisation Onusienne (Organisation Internationale du Travail, OIT), d’une Organisation Internationale (Organisation Internationale pour la Conservation de la Nature, OICN), d’une Organisation Non-Gouvernementale (Institut International du le Développement Durable, IIDD) et du secteur privé (Organisation Internationale des Employeurs, l’OIE).

La nouvelle Directrice Générale de l’Office des Nations Unies à Genève, Mme. Tatiana Valovaya, a ouvert cette session en soulignant l’importance des Objectifs de Développement Durable

« Les ODD sont indivisibles et c’est à travers une plateforme comme le « So What ? » qu’on comprend leur nature intégrée et interconnectée » disait Mme Valovaya car en ayant une vision d’ensemble des liens entre les différents objectifs, ils pourraient se présenter comme un seul grand puzzle. Le SDG Lab travaille à mettre en évidence les défis et les opportunités d’un Agenda 2030 complet et intégré.

Les intervenants du panel étaient :

Mme Mito Tsukamoto, Responsable de la Section Développement et Investissements à l’Organisation Internationale du Travail (OIT); Mme Radhika Murti, Directrice du « Global Ecosystem Management Programme » à l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN); Son Excellence Mme Elayne Whyte Gómez, Représentante Permanente de la République du Costa Rica auprès des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève; Mr. Philip Gass, Conseiller politique supérieur à l’Institut International du Développement Durable (IIDD); Mr. Robert Marinkovic, Conseiller à l’Organisation Internationale des Employeurs (OIE).

Idées générales et thèmes abordés

Plusieurs organisations comme l’OIT et l’OICN travaillent sur l’emploi et la durabilité environnementale depuis des décennies, ils ont créé des solutions basées sur la nature en ce qui concerne l’OIC, et un programme d’investissement en faveur de l’emploi pour l’OIT. Ce qui a changé au cours des dernières années, est l’orientation vers des solutions plus intégrées, qui tiennent compte de la création d’emploi et la viabilité économique à travers le prisme de la conservation et la restauration de la nature.

Au niveau gouvernemental, la Costa Rica gère la croissance économique à travers un modèle basé sur l’inclusion sociale, la protection environnementale et la durabilité.

  • La récente déclaration adoptée lors du centenaire de l’OIT sur l’avenir de l’emploi donne une approche du changement climatique sous l’angle de la justice sociale et condamne les inégalités dans les régions du monde qui subiront les plus grandes conséquences de ce changement climatique.

  • Construire une force de travail d’avenir doit commencer dans les écoles : les enfants et les adultes ont besoin de développer de nouvelles aptitudes qui correspondront aux métiers de l’avenir, à des professions qui n’existent pas encore ou qui viennent juste d’être découvertes.

  • L’Institut International de Développement Durable encourage les gouvernements, les décideurs politiques, les associations d’employeurs et d’employés à intensifier leurs relations avec les communautés qui pourraient subir des pertes d’emploi à cause des transitions énergétiques. Il est primordial d’intervenir rapidement sur la transition juste, pour passer d’une économie fondée sur les énergies fossiles à une économie reposant sur les énergies renouvelables, afin de minimiser les impacts négatifs et de maximiser les opportunités positives.

  • L’économie informelle est souvent absente des discussions relatives au futur de l’emploi et des effets du changement climatique. C’est un aspect crucial lorsqu’on considère qu’environ de 60% de la population mondiale employée se trouve dans l’économie informelle, selon l’OIE.

  • Penser et agir en silos dans les différents secteurs et les différentes structures reste un obstacle significatif pour tous les partenaires, indépendamment du type, du mandat, du secteur et de la taille de l’organisation. Malgré tous les courageux efforts de sensibilisation, l’Agenda 2030 constitue un cadre complexe pour de nombreux acteurs. Dans le même temps, il a été noté que, grâce à l’Agenda, un changement de langage positif est en cours, passant de l’approche « Ce qu’on devrait faire » à « Ce qu’il faut faire ».

Citations

Au niveau mondial, qu’il s’agisse du changement climatique, de l’infrastructure, de la paix ou de tout autre ODD, les objectifs doivent être interconnectés et traités de manière intégrée. Cela doit également se faire au niveau local, où les communautés doivent être impliquées dans la conception des programmes et des processus de prise de décision.

Mme Mito Tsukamoto, Chef du service du développement et des investissements du BIT.

Nous parlons avec force de la perte de la biodiversité, mais nous avons presque oublié de dire que la nature fait la partie de la solution. Investir dans des solutions basées sur la nature peut nous aider à résoudre les problèmes climatiques auxquels nous sommes confrontés.

Mme Radhika Murti, Directrice du programme mondial de gestion des écosystèmes, UICN

Le Costa Rica se considère comme un laboratoire d’essais de nouvelles politiques pour les ODD. Le gouvernement s’emploie à résoudre des problèmes d’emploi, car il nous faut une main-d’œuvre capable de répondre à la nouvelle demande d’une économie sans émissions.

– H.E. Elayne Whyte Gómez, Représentante permanente de la République du Costa Rica auprès de l’Office des Nations Unies et des autres Organisations Internationales à Genève.

Si nous parlons de la transition énergétique des combustibles fossiles aux énergies propres, nous devons également parler d’une évolution du travail. Certains emplois seront créés, certains changeront et certains disparaitront malheureusement. C’est pourquoi la transition juste doit être au centre.

Mr Philip Gass, Conseiller Politiques Supérieur (IIDD)

Le Programme 2030 est complexe et, en tant qu’organisation représentant le secteur privé, une de nos priorités est de diffuser les informations afin d’aider les entreprises à comprendre comment elles peuvent contribuer à la réalisation des objectifs mondiaux.

M.Robert Marinkovic, Conseiller, OIE.

Nous sommes ici pour mieux comprendre les liens entre le travail décent et l’action pour le climat. Un grand questionnement aujourd’hui est à propos de ce dont les emplois de demain seront faits, et ce qu’ils signifieront pour les jeunes travailleurs qui occuperont ces postes. Ms. Nadia Isler, Director, SDG Lab at UN Geneva.